OUAH ! LES AFFAIRES REPRENNENT !
On voit que tout notre petit monde rentre des vacances en découvrant chaque jour la courbe de ses visites !
C'est
Trop contente de retrouver vos petits commentaires, toujours aussi sympa.
Ici, nous avons toujours la chance de pouvoir profiter encore un peu de belles journées (chaudes) et ce matin j'ai enfourché la bicyclette pour la promenade des toutous... Toujours aussi chouette de pédaler à la fraîche sous la pinède en contre bas du Rhône. Les roseaux d'un côté, la pinède de l'autre font un contraste amusant. L'ombre des pins d'Alep contre le vert frais des roseaux appelés ici "cannes".
Le village se vide tout doucement des vacanciers et, à chaque fois que des volets se referment pour une année ou pour quelques mois, j'ai un pincement au coeur. Je réalise encore une fois mon bonheur de rester à l'année ici alors que d'autres sont bien obligés de laisser leur "belle estivale" close jusqu'aux prochaines vacances où ils pourront revenir.
Moi aussi j'ai une petite estivale, mais pas dans le Sud... elle est là-haut en Normandie, prés du Mont Saint Michel... Elle est fermée depuis un an et nous n'avons pas pu y aller cet été. Ma fille aînée qui habite sur Nantes y est allée juste pour un petit week-end mais elle en est repartie avec le blues de voir la petite maisonnette si seule, abandonnée au fond de son champ en friche.
On a demandé à des voisins d'y mettre leurs brebis pour nettoyer un peu, mais la maisonnette est livrée aux araignées et petits mulots, au froid et à l'humidité. Elle attend, elle nous attend pour nous offrir tous ses souvenirs de vacances qui remontent à mes premiers mois de vie.
A mes 9 mois, elle n'était pas encore là, au fond du champ mais je foulais déjà l'herbe grasse de cette pommeraie où mon arrière grand-père faisait son potager. Une photo témoigne de nos visites au champ où il faisait déjà si bon pour venir y flâner.
Aujourd'hui cette petite maisonnette qui a vu le jour en 1967 et toute seule dans la Manche... Mes soeurs et moi sommes les seules à qui elle revient et l'on doit réfléchir si on la garde ou si on la vend... Jusqu'à maintenant nous tenions le coup pour la garder et chaque été nous nous retrouvions auprès d'elle comme auprès d'une aïeule qui l'ont chouchoute le temps de notre séjour... Puis, il y a presque quatre ans, elle m'a accueillit dans sa simplicité pour notre installation dans la région de Granville le temps qu'une autre maison soit prête pour être louée. Nous avons vécu deux années et demi là-haut et chaque week-end nous étions à lui ouvrir les volets, qu'elle respire un peu et que l'on profite du champ toujours aussi génial avec ses trois noyers, ses deux pommiers, son énorme cerisier, ses pruniers... les seuls qui ont pu résister aux multiples coups de vent. Le petit cabanon au fond, à l'ouest du champ est toujours debout où à l'époque nous allions voir de plus près la brebis qui attendait son petit... mais les clapiers à côté, sont vides aussi, désormais...
Je ne peux pas me résoudre à imaginer cet endroit magique où nous entendions les pommes faire résonner le sol en tombant... Non, je n'arrive pas à imaginer que l'on ne puisse plus jamais revenir passer nos vacances dans le berceau de notre enfance, de notre histoire.
Et pourtant que c'est déchirant de la refermer et sans se retourner descendre pour la dernière fois le champ pour monter dans une voiture qui va nous emmener à 1000 kms d'elle. Et d'un coup elle nous semble au bout du monde, au bout de nos souvenirs. Si loin, si loin... et chaque jour qui passe nous éloigne encore plus d'elle et de notre enfance. Derrière ses volets nos vieilles photos se fanent, les draps se piquent, les matelas sont habités pour de nouvelles nichées... le sel se noie dans son eau, le sucre fait bloc dans le placard. Le vieux frigo se repose mais se prend pour un "bleu "malgré le coup d'éponge avant de partir... Les tuyaux sont vidés, le compteur sous une ouate pour ne pas geler. Les serrures se gripperont et peut-être qu'elles voudront tout de même s'actionner en grinçant des dents lorsque par miracle nos clefs reviendront les taquiner.
Alors oui, j'ai un pincement au coeur en voyant des petites maisons de vacances refermer leurs yeux pour un an ou deux... Je pense à elle ; ma petite Normande esseulée !