IL PLEUT...

Publié le par Saskia

...sur la terre qui se réchauffait au soleil depuis presque six jours... Les toits sont vernis mais le ciel est gris...
Il pleut dans la promenade des chiens-chiens... j'évite les flaques malgré mes bottes, comme j'évitais et j'éviterai le plus possible les embûches parsemées sur mon chemin, même armée jusqu'aux dents, je les éviterai : je n'aime pas me battre, je n'aime pas devoir me confronter aux autres pour soi-disant prétendre à quelque chose où prouver quoique ce soit. J'aime marcher sur le sable propre et lissé par les vagues, par la marée qui est passée et qui repassera... j'aime fouler l'herbe rase ou haute et sentir le poids de mon corps, de ma vie soutenu par la souplesse naturelle de ce tapis végétal...
Pourtant que de fois j'ai pu m'écorcher sur des passages caillouteux, avoir les pieds douloureux mais continuer tout de même en serrant les dents.
Combien de fois me suis-je arrêtée pour pleurer tout mon saoul pensant que cette fois-ci je n'y arriverai pas, mais tout compte fait, pour mieux me relever et continuer coûte de coûte...
La vie mérite d'être vécue je le dis et le redis. Malgré les fautes que l'on fait et que l'on ne vous pardonne pas, malgré les faux amis, malgré l'ingratitude des enfants grandissants, malgré le chagrin de perdre nos biens aimés... La vie mérite d'être vécue pour saisir le moindre petit moment de bonheur à travers le sourire d'une personne qui passe et que l'on ne connaîtra peut-être jamais, pour le plaisir de faire plaisir, pour la jouissance de voir un magnifique paysage et réaliser que chaque minute qui passe est un cadeau...
Ma vie à eu ses hauts et ses bas... ma vie n'est pas finie et elle aura d'autres hauts et d'autres bas.
Des hauts comme le bonheur d'avoir passé deux jours avec ma fille aînée dans son univers, un tout petit moment passé dans sa vie qui comporte aussi ses hauts et ses bas...
Des bas comme une enveloppe qui m'attend depuis deux jours pour être ouverte... en prenant mon temps, en choisissant le moment le plus tranquille de ma journée. La soupeser, imaginer le nombre de feuilles noircies, se douter du contenu puisque j'ai désiré et réclamé ce contenu ; des réponses à des questions. La prendre et la reposer ailleurs. Regarder la rondeur des lettres qui forment mon nom, mon adresse ... Elle attend patiemment d'être ouverte pour m'offrir ses feuillets...
Trois feuilles mais pas remplies : une grande écriture, de grands espaces entre chaque mot. L'écriture est toujours aussi ronde et appliquée... trop appliquée à mon goût... et les réponses à mes questions.
Première réaction : soupirs... de constatation, de désolation.
Deuxième réaction : coup de nerfs, ne tiens plus en place : promenade des chiens trop heureux de l'aubaine.
Troisième réaction : plus de jambes, assise face au soleil, face au contre Rhône sur le talus : je laisse couler des larmes de colère qui se transforme en larmes de douleur.
Quatrième réaction : coup de blues, plus envie de rien, plus le courage de sourire et de croire que tout va bien... le ciel s'est obscurci.
Cinquième réaction : grosse colère envers ma famille, cette sale famille dans laquelle je me débats depuis ma plus jeune enfance, en laquelle mes illusions se sont perdues, puis ressuscitées pour de nouveau se noyer dans le chagrin de la triste réalité de ce qu'elle est et sera toujours.
Lire des reproches que je mérite, OK. Cela a le mérite de me rappeler que je ne suis pas un ange... et que je suis la première à faire du mal.
Le problème est que l'on ne me donne pas la possibilité de justifier un acte à un moment donné ou une parole malencontreuse, blessante. Ne pas pouvoir m'expliquer sur un thème maladroitement abordé. Je reconnais que parfois je vais trop loin... et j'ai blessé sans même m'en rendre-compte, car on n'a pas voulu que je le vois.
Je regrette qu'il ai fallu plus d'une année pour enfin savoir, comprendre ce que j'avais fait pour faire couper court mes relations avec une de mes soeurs. Je regrette qu'elle n'ai pas eu le courage de m'appeler quelques jours après  pour me dire sa colère et que l'on s'explique.
La non communication... vous voyez ? C'est ça. C'est ça qui fout le monde en l'air. Chacun de son côté à broyer du noir et le coeur lourd de rancoeurs les hommes s'affrontent. Alors qu'il serait tellement plus simple de se parler sur le champs ou presque pour éviter toute animosité grandissante alors que la raison n'en valait pas autant.
Quelle famille n'a pas ses histoires ? Je sais...
La notre est assez fameuse dans le genre et cela me rend malade depuis toujours... Je m'investis trop d'après mon mari et quelques proches. Hummm... sûrement. Mais je n'y peux rien ou pas grand chose ; je suis comme ça. Je recherche encore ce cercle familial qui m'a toujours manqué.
J'ai tenté à plusieurs reprises d'en reformer un... et patatras ! ça ne tenait pas. Moi la première en ai cassé un par l'impossibilité d'éviter de nouveaux conflits entre les membres de ce cercle reformé... On ne peut pas changer les personnes. Il faut arriver à les accepter comme elles sont ou bien éviter de trop de fréquenter.
C'est ce qu'à choisi de faire ma soeur Sophie avec moi avec mon mari avec mes filles... Elle me reproche de ne pas la respecter, de ne pas l'aimer, de mentir, de l'anarquer. Elle me reproche de ne pas écrire sur elle sur mon blog (c'est fait !) car elle serait venue lire un peu ...
Donc ici je vais pouvoir dire pourquoi.
Je n'ai pas pu écrire sur elle car nous ne nous voyions déjà plus le jour où j'ai ouvert cet espace. J'étais en totale souffrance vis-à-vis de ma petitedernière qui était en pleine anorexie mentale. Je lui en ai vraiment voulu de ne pas être là pour me soutenir, pour m'aider à croire que ma fille pouvait s'en sortir et qu'elle  été capable de tenir sa place de tante etappeler sa nièce de 11 ans lors de son séjour à l'hôpital (15 jours), la soutenir, lui parler...l'aimer aussi un peu.
Voilà pourquoi ce silence sur ma soeur. Pourquoi vouloir écrire des choses que j'avais l'intention de lui dire à la première occasion. Pourquoi étaler mes rancunes sur la toile ? "J'avais d'autres chats à fouetter" comme on dit !
J'avais un autre combat à mener. Celui de sortir ma fille d'un mal terrible et combattre ma culpabilité et de ce mal (qu'elle connait aussi) qui me ronge depuis toujours.
Aujourd'hui je suis rassurée pour ma petite dernière malgré quelques périodes d'angoisses qui persistent mais qui sont plus vite apaisées.
Je tente de me sortir petit à petit de mon  mal de vivre... la dépression, cette saleté sournoise qui vous bouffe l'énergie, l'envie de vivre.

Je vais à mon tour prendre une feuille et écrire une lettre. Il m'est impossible de lui envoyer un e-mail, un msn, un comm. Elle a tout bloqué.
Je lui dirai que je comprends sa décision. Que je respecte cette décision.
Et le lui dirai aussi ce que j'ai sur le coeur depuis la dernière fois où nous avons pu nous parler. Comme il y a autant de versions d'un fait qu'il y avait de personnes, je lui donnerai ma version.
Ensuite le silence se réinstallera, je saurai pourquoi, je ne me poserai plus de questions et ma vie reprendra son cours, son histoire...
La vie mérite d'être vécue.

Publié dans FAMILLE

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Anne 01/04/2009 13:44

Alors comment vas tu ??
Et cette broderie ?? bizzz je pense à toi.

marie.fonfoise 01/04/2009 07:50

Bonjour
mes larmes coulent en vous lisant , je me retrouve .je ne suis donc pas seule à vivre ces relations familiales .et cette sacrée déprime qui me bouffe la vie .un jour il faut bien dire stop et continuer son chemin pour soi , pour ceux qui nous aiment sans nous juger , et poutant il ne me semble pas être si terrible .
merci à vous

Anne 17/03/2009 11:42

Bon courage à toi, la vie vaut vraiment le coup d'être vécue, crois moi, j'ai retrouvé ma soeur à la mort de papa, il a fallut ce drame terrible. J'aime ma soeur, elle m'aime, mais on est pas du tout sur la même longueur d'ondes, je respecte ses choix, ses décisions, c'est ça aimer quelqu'un. Elle me demande conseils à présent et suis fière de l'aider comme je peux. Bizzz ma belle. Bon courage... Que brodes tu en ce moment ???

Saskia 18/03/2009 08:28



Je connais cela avec l'une de mes soeurs... Mais celle-ci n'a pas encore tout compris....
Enfin, je crois ! Elle pense aussi que de mon côté je ne comprends rien... on peut aller loin comme ça. Donc je laisse le silence s'installer entre elle et moi en sachant parfaitement que c'est
dangereux...
Je vais te faire voir sur un prochain article ma broderie en cours... BIZZZZ !



nanou 04/03/2009 11:45

dommage que ta soeur ne te laisse pas une chance !
Tu as raison : la vie mérite d'être vécue mais si parfois ça fait mal !
gros boujoux de Normandie

Saskia 04/03/2009 21:25


Oui, pas facile la famille... je le sais trop bien !
Grande mélancolie aujourd'hui avec ce temps en plus... J'ai préféré rester à la maison et broder toute l'après-midi...
Tant pis si ma soeur ne me laisse pas une chance... Une chance de quoi au juste ? d'être moi-même avec elle ? J'en ai marre des conventions, des demi-mots, des fausses délicatesses... C'est ce
qu'elle aime dans ses relations, moi, je reconnais que je l'ouvre parfois un peu trop, mais pourtant je ne pense pas être si terrible que ça...
Merci Nanou pour ton soutien... AMITIES


Annemary 04/03/2009 11:42

courage mon petit loup !tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir !!!!gros bisous et pensées à+

Saskia 06/03/2009 09:27



T'es trop chou, toi alors !